Compte-rendu du conseil d’UFR de Droit et Science Politique du 20 Juin 2013 – L’UNEF condamne la sélection à l’entrée de l’université

Compte-rendu du conseil d’UFR de Droit et Science Politique du 20 Juin 2013

1) Ajustements des licences.

  Dans la L3 de droit, il s’agit d’un simple réajustement pour rééquilibrer les enseignements de droit public et privé. Le droit public des biens passe en UE obligatoire et le droit des sociétés en UE optionnelle, avec possibilité d’être en TD en droit public des biens.

  Concernant la double licence droit-anglais, des ajustements transitoires ont aussi été opérés afin de faciliter l’enchaînement des cours entre les bâtiments Leclerc et Vauban.

  Dans la future licence de droit et science politique sera introduit un semestre transitionnel entre le premier et second semestre qui se composera de cours de soutien pour les étudiants ayant entre 7,5 et 9 de moyenne. Bien que ce système soit positif pour permettre au plus grand nombre de réussir, le dispositif n’est pas obligatoire pour les étudiants ayant une moyenne en dessous de 7,5 sous prétexte qu’ils ne réussiront pas. L’UNEF rappelle que c’est ce genre de raisonnement qui a permis d’instaurer il y a deux ans une note éliminatoire de 8/20 pour avoir accès aux rattrapages, ce qui a fait chuter le taux de réussite de 15 %.

2) Plan de restrictions budgétaires. 

Ce plan s’étalera sur 3 ans :

  • 80 000 € d’économie à effectuer en 2014

  • 40 000 € en 2015

  • 40 000 € en 2016

  La suppression des 48h de TD (à laquelle l’UNEF ainsi que plus de 270 étudiants se sont opposés) a déjà permis une économie de 40 000 €. Le gel de deux postes est prévu sur deux ans, ainsi que des économies sur la reprographie. Au même titre que l’UNEF s’est opposé à faire payer les polycopiés de TD à l’UFR de santé, l’UNEF refusera toute mesure qui consistera à faire porter l’austérité sur le budget des étudiants ainsi que sur leurs conditions d’études.

3) Sélection dans la double licence droit-anglais et la licence mention droit parcours anglais.

  La direction souhaite que ces deux licences opèrent une sélection à l’entrée de l’université sous condition de prérequis pédagogiques, notamment linguistiques. L’admission en double licence se ferait sur présentation des bulletins scolaires de 1ère, et du premier et second trimestre de terminale, d’une lettre de motivation en Anglais, ainsi qu’un justificatif d’expérience particulière en langue étrangère (certification, section internationale, séjour à l’étranger, …). Les candidats qui ne seraient pas en mesure de produire une attestation de niveau devront passer un test écrit. La licence mention droit parcours anglais comprend 70 places et l’admission se fera sur un test écrit.

  Nous pouvons mettre en évidence deux problèmes dans les conditions de recrutement de ces licences : un problème politique et de vision de l’enseignement supérieur tout d’abord et un problème légal ensuite.

  Tout d’abord, l’université ne doit pas être le lieu de la sélection. Tout étudiant doit pouvoir effectuer les études de son choix. L’université est un outil d’ascension sociale et doit fournir tous les efforts nécessaires pour la réussite de tous. A l’heure où 40 % des jeunes seulement ont un diplôme de l’enseignement supérieur et où le chômage des jeunes atteint 25 %, le diplôme reste la meilleure arme contre le chômage. De plus, les conditions de recrutement opérées dans ces licences ne sont qu’une sélection sociale déguisée. Sélectionner sur des pré-requis linguistiques, c’est sélectionner sur les conditions sociales. L’université n’a pas à faire payer les inégalités entre les familles les plus riches et les plus modestes. Les familles les plus modestes ne peuvent investir dans des séjours à l’étranger pour leurs enfants ainsi que dans des tests et la préparation de ces tests de langue. Ces licences opèrent donc une sélection sociale qui ne dit pas son nom. Nous trouvons par ailleurs choquant que l’ensemble du conseil d’UFR approuve cette sélection dans une université, qui lors du dernier classement du ministère des universités, vantait son taux de réussite non pas sur la condition sociale des étudiants de l’UVSQ mais sur leurs capacités à les faire réussir.

  Enfin, rappelons que ces mesures de sélection sont parfaitement illégales. Il est par ailleurs étonnant que l’ensemble des membres d’un conseil d’UFR de Droit ignore aussi impunément la loi. En effet, l’article L612-3 du code de l’éducation énonce que la sélection est interdite à l’université (hors IUT). Lorsque l’effectif des candidatures excède les capacités d’accueil, la répartition doit être faite en fonction du domicile et de la situation familiale du candidat uniquement.

  L’UNEF en tire donc toutes les conséquences et engagera les moyens nécessaires afin que la sélection dans ces licences disparaisse de l’UFR de droit. 

Teoman Bilgen – Suppléant de Kévin Kalombo au conseil de l’UFR de Droit et Science Politique

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *