Crise financière à l’UVSQ – A qui la faute ? Article daté du 20 novembre 2013 in Educpros.

http://www.letudiant.fr/educpros/actualite/crise-financiere-a-l-universite-de-versailles-saint-quentin-a-qui-la-faute.html

« Après le choc, la question des responsabilités. Proche de la cessation de paiements, l’université de Versailles – Saint-Quentin en Yvelines ne pourra pas payer ses personnels en décembre 2013 et régler ses factures, sans une aide exceptionnelle de l’Etat. Le président s’en est expliqué devant sa communauté mercredi 20 novembre 2013, avec en toile de fond la dénonciation par la ministre des erreurs de gestion commises par l’université.

« Il y en a qui vont pleurer quand ils vont apprendre que leur licence va fermer… », glisse une étudiante avec ironie en pénétrant dans l’amphi Diderot. Jean-Luc Vayssière, président de l’université Versailles-Saint-Quentin, a réuni enseignants, administratifs et étudiants lors d’une assemblée générale le 20 novembre 2013. L’occasion de rassurer sa communauté, inquiète après une semaine d’annonces fracassantes sur la situation catastrophique de l’établissement, dont les finances ne permettent plus de payer ses personnels sans un appui supplémentaire de dernière minute de l’Etat.

UN SOUTIEN DU MINISTÈRE AU-DELÀ DES SALAIRES DES PERSONNELS

« Quand je lis que l’université est en faillite, c’est faux », s’est-il d’entrée indigné. « Nos difficultés ne sont pas nouvelles. Nous avons voté, lorsque nous avons découvert leur ampleur au printemps dernier, un plan de réduction des dépenses de 7 millions d’euros sur les trois ans qui viennent. Pour 2013, l’Etat s’est engagé à nous apporter une avance, afin d’assurer le versement des salaires et primes des personnels, fonctionnaires et contractuels, mais aussi de payer certaines dépenses indispensables [factures urgentes, tenue de colloques internationaux déjà programmés, achat du papier…]. Soit environ 5 millions d’euros, que nous devrons rembourser quand nous serons en meilleure santé. Il y a des avancées, le soutien de l’Etat est réel, il a la volonté de nous accompagner », a-t-il exposé.

Outre l’urgence de la situation actuelle, et les économies à venir, les personnels et usagers de l’université n’ont pas manqué de poser la question sensible des responsabilités. Car si de nombreuses universités rencontrent d’importantes difficultés financières, Versailles est dans une situation qui semble inédite. « Comment en sommes-nous arrivés là ? », interpellait dans un communiqué une intersyndicale unissant la CGT, le Snesup et l’Unef.

LA FAUTE À L’ETAT ?

« L’autonomie a donné la possibilité à l’Etat de diminuer les dotations des universités, tout en disant que s’il n’y a plus d’argent, c’est la faute des présidents. C’est exactement ce qui se passe, a dans un premier temps dénoncé Jérôme Deauvieau, qui prenait le micro au nom de l’intersyndicale. Il faut rappeler que notre université ne reçoit pas les moyens dont elle a besoin pour fonctionner normalement, tout comme de nombreux autres établissements. »

Le maître de conférences en sociologie, élu Snesup, a proposé un mode d’action simple : « il faut mettre le ministère devant ses responsabilités en votant pour la première fois depuis notre autonomie un budget sincère, c’est-à-dire déséquilibré, même si cela est interdit ».

Si le président Vayssière ne s’est pas engagé sur cette préconisation, il a confirmé la sous-dotation de son établissement, en emplois et en fonctionnement, « un problème originel des universités nouvelles, a-t-il décrit, tout comme la faiblesse du fonds de roulement. »

DES ERREURS DE GESTION DE L’UNIVERSITÉ…

Plus problématique : l’équipe dirigeante précédente, avec Sylvie Faucheux à sa tête et Jean-Luc Vayssière qui était vice-président du conseil d’administration, a-t-elle fauté ? C’est l’opinion clairement affichée par le ministère, et également évoquée par les personnels.

« Les étudiants n’ont pas à pâtir des choix faits par la direction de l’UVSQ, qui semble avoir été incompétente », s’est inquiété un élu de l’Unef.

Geneviève Fioraso a souligné elle dans un communiqué la sévérité du rapport d’observations provisoires de la Cour des comptes et de l’audit flash réalisé à l’été 2013 envers les gestionnaires de l’université, qui auraient commis des « erreurs de prévisions et de gestion », conduisant à cette situation.

« L’université a développé une politique qui n’était pas soutenable, en termes de dépenses avec, de plus, des prévisions budgétaires irréalistes voire insincères, selon la Cour », accuse-t-elle.

Le ministère pointe deux phénomènes : l’augmentation jugée très importante de la masse salariale sur deux ans et l’engagement dans deux PPP (partenariats publics-privés), dont les coûts ont été fortement sous-évalués, sans oublier des prévisions de recettes bien supérieures à la réalité.

L’université ne fait pas partie des établissements les plus sous-dotés en emplois et en fonctionnement, estime également le ministère, et n’aurait pas de difficultés liées au GVT [progression de la masse salariale en raison de l’évolution de carrières des personnels] plus importantes qu’ailleurs.

L’université a développé une politique qui n’était pas soutenable, avec des prévisions budgétaires irréalistes voire insincères (G.Fioraso)

Un audit approfondi a été lancé. « J’attends avec impatience ce rapport, pour comprendre pourquoi une université comme la notre n’est pas dans une situation soutenable. Nous ne roulons pas sur l’or et nous ne vivons pas dans l’opulence ! », s’est défendu Jean-Luc Vayssière, surpris de la « violence » des propos de la ministre. Le président a tenu à rappeler la très forte croissance du nombre d’étudiants entre 2010 et 2013 et le développement de l’activité de formation et de recherche sur cette période, tout comme de l’immobilier.

« Nous avons des problèmes d’anticipation et de visibilité depuis le passage aux RCE (Responsabilités et compétences élargies), a-t-il reconnu. Il est certain que nos outils de gestion et le personnel nécessaire sont très insuffisants. Mon prédécesseur a impulsé une politique de développement très forte, nous nous sommes aperçus un peu tard que cela n’était pas soutenable. Nous allons rétablir la situation, le ministère nous fait confiance. »

L’ancienne présidente, Sylvie Faucheux, ne souhaite pas s’exprimer étant donné sa fonction actuelle – rectrice de l’académie de Dijon. Elle prépare sa réponse à la Cour des comptes.

Nous ne roulons pas sur l’or et ne vivons pas dans l’opulence ! J.-L.Vayssière)

… ET DES ABUS ?

Enfin, au delà des erreurs, ce sont aussi les « frasques » de la précédente équipe dirigeante qu’ont dénoncé les personnels. « La Cour des comptes évoque des frais de bouches astronomiques, cite notamment Jérôme Deauvieau. Nous avons alerté très tôt des nombreuses dérives qui ont produit la mise à sac financière de l’université. J’espère que tout cela est derrière nous. »

« Il y a pu avoir des excès de ci de là, mais j’ai œuvré à la rationalisation des choses« , a simplement répondu Jean-Luc Vayssière, rappelant la confidentialité qui prévaut dans la procédure de la Cour des comptes.

« Nous nous sommes trompés ailleurs, a ajouté le professeur Jean-Yves Mollier, présent depuis « un quart de siècle » dans l’établissement. Nous avons recruté sur des chaires d’excellence. C’était une fumisterie coûteuse. Il faut revenir à nos fondamentaux, l’enseignement et la recherche. » Le professeur d’histoire a demandé également la mise en place d’une commission indépendante avec personnels et étudiants, en parallèle de l’audit en cours, afin de « rassurer tout le monde », ce que Jean-Luc Vayssière a accepté sur le principe.

OBJECTIF : SE DÉBARRASSER DES PPP

Dernier point clé : les PPP doivent être rompus, ont prévenu les représentants de l’intersyndicale. « Nous devons mobiliser tous nos juristes pour trouver la faille, au moins dans l’un des deux contrats », a scandé le professeur Mollier. Jean-Luc Vayssière a indiqué avoir justement demandé à l’Etat la renégociation d’un des PPP.

Prochaine étape : les personnels ont appelé à poursuivre la mobilisation en se réunissant de nouveau la semaine prochaine, avec en ligne de mire le conseil d’administration de l’université de décembre, au sujet du budget.

Communiqué de presse de suite à l’intervention de Jean-Luc Vayssière du 20/11/13

Ce mercredi 20 novembre 2013, M. Jean-Luc Vayssière s’est exprimé dans l’amphithéâtre Diderot pour exposer à la communauté universitaire les difficultés auxquelles l’UVSQ fait face et quelles sont ses perspectives pour faire revenir le budget à l’équilibre. Les personnels et étudiants étaient nombreux pour exprimer leurs inquiétudes quant à la situation alarmante des conditions d’étude et de travail à l’UVSQ.

M. Vayssière a rappelé la situation déficitaire de l’université, la justifiant par un désengagement de l’état dans son financement, mais également en l’imputant à des mauvais choix budgétaires (partenariat public/privé) fait par la précédente direction. Il tente donc de se dédouaner de ses responsabilités en qualité de président.

Les membres de l’intersyndicale, dont l’UNEF, sont revenus sur les raisons de la situation budgétaire de l’UVSQ. Ils ont en effet rappelé la part de responsabilité de l’Etat qui ne donne pas les moyens suffisants pour permettre aux universités de fonctionner correctement. Mais, ils ont également rappelé la responsabilité de l’équipe présidentielle actuelle et précédente dans les difficultés financières rencontrées par l’UVSQ. Ils ont notamment martelé la nécessité de sortir du partenariat public/privé, gouffre financier pour l’université, et d’entrer en confrontation avec l’état pour exiger plus de financement, seules solutions qui permettront à l’UVSQ de sortir de l’impasse budgétaire.

L’UNEF a interpellé la direction de l’université sur les mesures d’économies budgétaires qualifiées de «  soutenables » par M. Vayssière. Nous avons rappelé que la baisse de 20% des budgets alloués aux composantes de l’UVSQ dès janvier 2013 ont eu des retombées insoutenables sur les conditions de vie et d’études des étudiants de l’UVSQ :  transformation de cours en petits groupes en cours en amphithéâtre, suppression d’options et de parcours voir même de semaine de cours entière, mise en place de capacité d’accueil, suppression du service de photocopies gratuites, non renouvellement de postes à la Direction de l’Insertion Professionnelle…

Nous avons fait entendre que nous n’accepterons pas que nos conditions d’études et nos formations soient une nouvelle fois la variable d’ajustement pour permettre à l’UVSQ  de faire des économies  et avons exigé que l’UVSQ sanctuarise et réinvestisse dans ses formations de 1er cycle. Malheureusement M. Vayssière n’a pu donner aucune garantie aux étudiants et les autres interventions de la communauté universitaire sont ensuite revenu sur la dégradation effective des conditions d’études dans leurs filières, notamment les filières STAPS et LEEI.

L’UNEF a par ailleurs confirmé qu’elle continue à mobiliser les étudiants pour préserver nos  formations et améliorer nos conditions d’étude en réaffirmant les revendications de l’intersyndicale FECR CGT – SNESUP FSU – UNEF :

–          nécessité d’un investissement massif de l’état dans l’ESR,

–          la mise en place d’un cadrage national des diplômes accompagné d’un fléchage des budgets alloués aux universités,

–          un accompagnement de l’Etat pour aider l’UVSQ à sortir au plus vite de son PPP économie d’énergie.

Nous continuerons à interpeller Jean-Luc Vayssière dans son intervention du  mardi 26 novembre sur le site de sciences (à Versailles) et appelons l’ensemble des étudiants en sciences à se mobiliser.

L’INTERSYNDICAL FERC-CGT SNESUP UNEF APPELLE A UNE ASSEMBLEE GENERALE DE L’ENSEMBLE DE LA COMMUNAUTE UNIVERSITAIRE VENDREDI 29 NOVEMBRE EN AMPHI DIDEROT.

Contact presse : Sébastien Ramage – 06 77 93 50 66

Version word: Communiqué de presse

Communiqué de l’intersyndicale Ferc-Sup CGT, Snesup FSU et UNEF de l’UVSQ — 19 novembre 2013 Situation budgétaire de l’UVSQ : irresponsabilités et incompétences élargies

L’annonce de Jean-Luc Vayssière, président de l’UVSQ, le 12 novembre dernier de la suspension immédiate du règlement des factures et des engagements a provoqué sidération et consternation au sein de la communauté universitaire de l’UVSQ. À juste titre. La situation budgétaire de l’UVSQ est en effet extrêmement préoccupante. Malgré la suppression d’un nombre important de postes en 2013 (gel d’une partie des recrutements et non remplacement des départs), et les mesures d’économie d’urgence imposées aux composantes et aux services, l’UVSQ en est réduite à demander en urgence une nouvelle avance sur dotation de 4 millions d’euros pour faire face à ses dépenses d’ici la fin de l’année civile. Comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi ne découvrons-nous que maintenant l’ampleur du désastre ? Comment Sylvie Faucheux, ancienne présidente de l’UVSQ, pouvait-elle affirmer que nous figurions « parmi les rares universités françaises à ne pas avoir eu de difficultés à boucler notre budget 2012 et à ne pas geler de postes, nous en ouvrirons même plus de 60 en 2012 » (discours de la cérémonie des vœux prononcé le 12 janvier 2012) ?

Plusieurs raisons permettent d’expliquer la situation actuelle :

  • La première est nationale. Le budget de l’ESR pour l’année 2013 ne permet pas aux universités de mener leurs missions de service public dans de bonnes conditions. La loi LRU (Libertés et Responsabilités des Universités) et le passage aux Responsabilités et Compétences Élargies (RCE) – l’autonomie financière des universités – se sont soldés par un transfert insuffisant des moyens financiers de l’État vers les établissements en ne prenant notamment pas en compte l’évolution du glissement-vieillesse-technicité (GVT). Depuis plusieurs années, le budget de la MIRES est largement insuffisant et empêche les universités françaises de réaliser leurs missions de service public dans des conditions acceptables.
  • La deuxième raison est locale. En effet, l’UVSQ paye aujourd’hui, en sus, le prix de décisions prises par la direction de l’université depuis 2009. Le passage aux RCE a encouragé des prises de décisions précipitées, et contestables sur le fond, qui ont eu de fortes incidences financières. Citons pêle-mêle : la création anarchique d’instituts ou de fondations en tous genres, le déménagement à grands frais d’une équipe de recherche à Rambouillet… La liste est longue et souvent sans grand rapport avec les missions de service public d’une université. Toutes ces dépenses tablaient sur de prétendues ressources, qui ne sont jamais arrivées… Sur ces différents aspects, encore mal connus car ces décisions ont été prises dans une grande opacité, toute la lumière doit être faite, afin de prendre la mesure de leur contribution à la situation actuelle
  • Surtout, l’UVSQ s’est lancée dans des opérations immobilières bien aventureuses, via la signature des fameux PPP (Partenariats Public Privé), très en vogue sous le ministère Pécresse. La construction de l’UFR de médecine à Saint-Quentin-en-Yvelines et le contrat de performance énergétique signé avec Cofely ont ainsi été mis en place par la précédente direction de l’université (Sylvie Faucheux, Présidente, et par Jean-Luc Vayssière, alors Vice-président du Conseil d’Administration). Ces décisions, engageant l’UVSQ pour des dizaines d’années, ont été largement dénoncées par l’intersyndicale FSU et CGT, prédisant que ces engagements ne seraient pas soutenables à long terme par l’UVSQ. Les résultats sont aujourd’hui connus: ces PPP représentent une charge financière que l’université ne peut assumer.

Comment sortir de l’impasse budgétaire actuelle ?

Nous refusons l’option prise pour l’instant par la présidence de l’UVSQ qui ne remet pas en cause la sous-dotation budgétaire du ministère dans le cadre des « Responsabilités et Compétences élargies » (RCE) et sanctuarise les charges financières des PPP. Des réductions drastiques de la masse salariale, de l’offre de formation et du fonctionnement des laboratoires, ne laisseront de l’UVSQ qu’un ensemble de bâtiments vidés de ses étudiants et personnels, sans pour autant que l’on puisse affirmer aujourd’hui que cela garantirait à long terme le retour à un équilibre budgétaire (le premier « plan de retour à l’équilibre » a tenu moins de 6 mois, jusqu’au gel budgétaire actuel…). Cette solution, qui ne remet en cause ni le cadre structurel des RCE, ni l’incurie du budget de l’ESR ni la folie des PPP, revient à condamner l’UVSQ, avec des conséquences gravissimes pour les conditions d’études des étudiants et les conditions de travail des personnels.

Pourtant, nous pensons que d’autres choix sont possibles pour permettre à l’UVSQ, et plus largement les universités françaises, de continuer à assurer leurs missions de service public d’Enseignement Supérieur et de Recherche dans des conditions acceptables. Il s’agit de s’attaquer aux causes structurelles du déficit.

L’intersyndicale invite en conséquence l’ensemble de la communauté universitaire de l’UVSQ à se mobiliser massivement et exige :

1/ Le retour sur l’autonomie des universités et sur les RCE avec la ré-étatisation de la masse salariale, pour que l’État reprenne ses responsabilités et assure un fonctionnement pérenne du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche.

2/ Une programmation pluriannuelle de moyens, intégrant des dispositifs de régulation nationale permettant de flécher les moyens, notamment vers les premiers cycles universitaires, garantissant l’égalité territoriale et permettant un développement pérenne de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche.

3/ l’engagement sans délai, comme exigé depuis des mois, d’une action visant à dénoncer les PPP en cours à l’UVSQ. La Ministre, Madame Fioraso, a elle-même mis en cause la logique des PPP, lors de son premier discours devant le CNESER en mai 2012. Nous demandons l’aide urgente des services du Ministère et de Bercy pour engager des actions visant à désamorcer ces bombes financières logées au cœur du service public.

Pour que vive le service public de l’Enseignement supérieur et de la Recherche dans les Yvelines !
Seul un mouvement local fort et relayé nationalement pourra parvenir à l’imposer.

Mobilisons-nous à l’issue de la rencontre initiée par Jean-Luc Vayssière Assemblée Générale à St Quentin le mercredi 20 novembre Amphi Diderot 11 heures 

Relation presse pour l’UNEF Yvelines : Sébastien Ramage, 06 77 93 50 66

Ci-joint le pdf du CP:
CP situation budgétaire de l’UVSQ

5 millions de déficit pour l’UVSQ Des moyens pour étudier pour des diplômes de qualité !

  La semaine dernière a été présentée au Conseil d’Administration de l’UVSQ la lettre de cadrage budgétaire pour l’année 2014. Elle recense l’ensemble des mesures d’économies que doit faire l’université ces trois prochaines années pour combler son défcit de 5 millions €. Certains de ces mesures sont la réduction de 10 % du volume horaire dans les maquettes, la suppression massive d’options et de parcours. Ces choix d’économies détériorent la qualité des diplômes délivrés par l’université. L’UVSQ, qui était auparavant classée 1ère université de France en matière de réussite en licence entre 2007 et 2010 opère un tournant dans sa politique reculant sur la réussite et la qualité des diplômes.

Le passage à l’autonomie des des universités (loi LRU) s’est réalisé par un transfert de charges vers les universités qui n’ont pas été compensées par l’Etat, forçant ainsi les établissements publics à mettre en place des mesures d’économies budgétaires et a trouvé par elles-mêmes de nouveaux fnancements pour le fonctionnement de leurs services. L’autonomie non fnancée, couplée à un sous-fnancement de la part de l’Etat pour l’ensemble des universités les a également conduit à se mettre en compétition les unes avec les autres afn d’attirer les étudiants les plus « doués » et a assumé des politiques de recherche et de formations élitistes :

  • Suppression de 10% du volume horaire de travaux dirigés par étudiant en droit et science politique.
  • Passage de 24 à 18h de cours pour les options en LLCE-Anglais
  • Remplacement de TD par des cours magistraux
  • Suppression de parcours et d’options
  • Mutualisation de cours de mentions de licences différentes
  • Réflexion sur les capacités d’accueil de certaines formations
  • Sélection à l’entrée de l’université
  • Augmentation de certaines prestations délivrées aux étudiants. (+80 % sur les polycopiés de TD en PACES)

La mission d’éducation et de formation du plus grand nombre dans les meilleures conditions n’est plus en mesure d’être remplie. Si l’UVSQ était la meilleure université entre 2007-2010 en matière de réussite, c’est parce qu’elle avait entreprit des choix politiques majeurs dans sa politique pédagogique : priorisation des Travaux Dirigés sur les cours magistraux, large choix d’option entrainant des cours en petit effectif, mise en place de dispositif d’accompagnement des étudiants (méthodologie – dispositif ABRI), pluridisciplinarité… Les seules perspectives que pose la présidence de l’UVSQ quant à ses investissements futurs reposent sur la communauté universitaire UPSa (Université Paris-Saclay). Si l’UVSQ peut recevoir de très gros fnancements pour des projet se concentrant sur une minorité d’étudiants, c’est l’UVSQ qui paiera ensuite la note sur ses propres ressources. Nous ne n’accepterons pas troquer l’excellence pour tous contre l’élitisme pour certains : les choix budgétaires entrepris par l’université ne vont pas dans le bon sens et ne lui permettent pas d’assurer sa mission de formation de tous les étudiants dans les meilleures conditions.


  Dans le cadre du prochain dossier de l’été de l’UNEF sur les budgets des universités, nous souhaitons interpeller l’Etat sur la nécessité de réinvestir dans les universités pour la réussite des étudiants et donner corps à l’esprit de la nouvelle loi relatif à l’enseignement supérieur.

  L’UNEF appelle dès la rentrée à la constitution d’une assemblée générale avec l’ensemble des étudiants et professeurs, syndicats et associations pour discuter de la situation financière de l’université.

Thibault Leblanc, relation presse, vice-président de l’Assemblée Générale des Etudiant-es des Yvelines

Hugues Hiron, élu au CA de l’UVSQ, président de l’Assemblée Générale des Etudiant-es des Yvelines

Retrouvez ici notre communiqué de presse : CP juillet 2013

Bourses aux livres 2013

Comme tous les ans, l’UNEF organise la solidarité en proposant à tous une bourse aux livres. Le principe est simple. L’étudiant-e souhaite se débarrasser de ses bouquins et fixe un prix. Nous tenons notre permanence tous les jours à la rentrée pour revendre les bouquins au même prix. L’étudiant récupère ensuite son argent et les bouquins non vendus au cours de l’année.
C’est un système solidaire et gratuit qui permet de se faire un peu d’argent de poche à la rentrée, tout en payant moins cher ses livres, qui peut rapidement représenter un budget très conséquent pour un étudiant.
Ce système s’inscrit également dans une démarche politique en prônant des modes de consommation plus citoyen en luttant le plus possible contre le gaspillage et la marchandisation des savoirs.

Compte-Rendu du conseil de l’ILEI du 10 juin 2013

Compte-rendu du conseil d’UFR de l’ILEI du 10 Juin 2013

  1. Economies budgétaires.

Un des points à l’ordre du jour portait sur les restrictions budgétaires. En effet, l’UVSQ, comme de nombreuses autres universités, est en déficit (-5,5 millions d’€). La présidence souhaite que ses comptes reviennent à l’équilibre, et pour se faire, en plus de contracter un emprunt, elle a choisi de demander à tous les UFR des réaliser des économies de plusieurs manières.

D’abord, les UFR devront réduire leur dépense de fonctionnement de 20%. L’ILEI a déjà effectué 12000€ d’économie sur ces dépenses.

Après s’être rendu compte que ce plan de redressement ne suffisait pas (ce dont l’UNEF avait pourtant prévenu au mois de Janvier), la présidence a demandé aux UFR de réduire leur masse salariale. C’est-à-dire qu’il y aura moins de professeurs en poste l’année prochaine pour enseigner.

Enfin, les UFR vont devoir revoir toutes les maquettes de diplôme et faire diminuer leur coût de 10%. Cette solution aura des conséquences sur la qualité de nos enseignements et sur nos conditions d’étude. Ces coupes peuvent s’effectuer de plusieurs manières.

  1. Les solutions envisagées.

Différentes possibilités ont été envisagées par le conseil de l’ILEI pour procéder à la réduction de 10% du coût de ses maquettes.

A l’UFR de droit, où la direction a déjà pris des mesures dans ce sens, les diplômes se sont vu retirer deux heures de cours par matière par semestre et par année, sauf l’anglais, sur l’ensemble de la licence, ce qui équivaut à quarante-huit heures de TD en moins. Cette mesure a été votée malgré le refus de l’UNEF, appuyée par une pétition signée par 250 étudiants de droit.

A l’UFR des sciences, la direction a opté pour la suppression pure et simple d’une semaine de cours. Ce qui réduit le nombre de semaine d’enseignement à onze au lieu de douze.

A l’IEC, la direction a réfléchi à mutualiser d’avantage d’UE entre composantes (certains cours proposés aux étudiants de l’IEC font partie du programme d’autres UFR, et vice-versa), sans porter atteinte à la limite d’étudiants par groupe de TD.

Bien que le conseil ait envisagé chacune de ces possibilités, l’UNEF ainsi qu’une partie du conseil a privilégié cette dernière option, car elle permet le maintien du nombre d’heure d’enseignement, de la qualité pédagogique des cours, encourage la pluridisciplinarité et favorise l’ouverture entre étudiants de filières différentes. De plus, l’ILEI est en plein processus de fusion avec l’IEC, il faut donc une politique commune en matière de diplômes afin qu’aucun étudiant du futur IECI ne soit dévalorisé par rapport à un autre.

Notons que les représentants étudiants élus au conseil de l’ILEI (Interassos/READ) soutiennent la diminution du nombre d’heure de cours, jugeant que cela n’impactera la réussite de personne. Moins de contenu c’est être évalué sur moins de connaissances et donc ça ne ferait effectivement pas diminuer le taux de réussite, mais nous rappelons donc juste que la qualité du diplôme sur le marché du travail ne dépend pas du taux de réussite (mauvais ou bon) mais bien de son contenu, et donc vider progressivement des diplômes de leur contenu, c’est les dévaloriser.

Vous trouverez ici un tableau comparatif entre l’ancienne et la nouvelle maquette (qui a été voté au dernier conseil de l’ILEI d’avril).

LEEI S1 –LEEI S2LEEI S3 – LEEI S4 – LEEI S5/S6

Ceci permet de comprendre les modifications qui ont été faites. De manière purement programmatique, le contenu la maquette semble satisfaisante, avec des UE pluridisciplinaires, mais de manière strictement pédagogique, il y a une légère régression des TD au profit de cours magistraux qui concerne surtout les UE mutualisées. Suite au déficit de l’UVSQ, des nouvelles modifications sont donc à prévoir dans la licence mais qui s’orientera plus vers une conservation globale du contenu des enseignements. Nous vous tiendrons au courant si nous avons de nouvelles informations.

  1. Nouvelle organisation pour la pré-rentrée.

Les futurs étudiants en première année à l’IECI bénéficieront d’une réunion de pré-rentrée commune en matinée, suivie d’un après-midi « découverte de l’université » avec un espace de stands et d’informations sur les différents services de l’université et son activité étudiante.

Au mois d’octobre, ils participeront également à une journée d’intégration organisée par l’université, comme cela c’était fait pour les étudiants de l’IEC cette année, avec une visite du campus, de la ville et un goûter, dans le but de faire connaissance avec les autres étudiants de l’UFR.

C’est tout pour aujourd’hui ! Si vous avez des questions, des remarques, des suggestions, n’hésitez pas à me contacter !

Pauline Forest

Elue étudiante UNEF et Directrice adjointe de l’IEC

Invitée permanente au conseil de l’ILEI

Compte-rendu du séminaire d’AGE du 24 mai

Vendredi 24 mai s’est déroulé le séminaire d’AGE. Ce fut un moment où nous avons pu dresser le bilan de l’année et élaborer de nouvelles perspectives pour l’année prochaine. Vous trouverez ici le Procès Verbal PV séminaire 24.05.

Programme :

  1. Bilan d’activité (ressenti personnel de chacun, réflexion sur les points à améliorer qui ont marqué l’année)

  2. Quels nouveaux droits en termes de condition de vie et d’étude des étudiants (nouveaux acquis pour l’ensemble des étudiants, au niveau local)

  3. Quelles nouvelles marges de manœuvre doit trouver l’AGE pour toujours plus informer et politiser la communauté universitaire (étudiants, profs, personnels), à l’UVSQ et en dehors

  4. Comment se réinvestir dans la construction de la vie étudiante (développer la coopérative, renouveler nos liens avec les associations étudiantes, actions spécifiques…)

Compte-rendu

  Le but de ce séminaire était de permettre aux militants d’échanger sur leur ressenti de l’année qui s’achève et de réfléchir aux perspectives à se donner pour l’année prochaine.

1. Bilan d’activité.

La conclusion de cette année est bonne puisque l’UNEF en est sortie plus forte. En effet, l’Assemblée Génarale Etudiante (AGE) a su recruter de nouveaux militants sur différents sites, ce qui a permis une meilleure réflexion sur l’activité et plus d’efficacité en terme de militantisme. Ce renouvèlement d’effectif militant a permis au syndicat de gagner les élections CROUS, ce qui a permis de sensibiliser les étudiants au projet de l’UNEF et de s’imposer comme organisation représentative et incontournable à l’UVSQ. L’UNEF a également été efficace dans sa campagne sur la suppression des heures de TD à l’UFR de droit, même si les pétitions n’ont pas permis d’instaurer un rapport de force suffisant pour faire reculer l’administration. Cet échec est dû en partie aux autres organisations étudiantes qui sont restées passive face à ce recul pédagogique. L’unef peut aussi se féliciter de son dynamisme pendant la campagne mariage pour tous, aidé par une petite visibilité médiatique locale. Le seul point qui modère ce bon bilan est une mauvaise gestion de la coopérative à partir du mois de Février, ce qui a fait perdre en visibilité le syndicat.

2. Quels nouveaux droits en terme de condition de vie et d’étude des étudiants.

L’UVSQ subit des difficultés budgétaires grandissantes. Grâce à son implantation dans plusieurs conseils, l’UNEF reste informée des différentes mesures de l’université pour y faire face, mais les marges de manœuvres pour contrer certaines mesures restent restreintes car l’UNEF est la seule organisation étudiante à prendre position face à l’administration. Le syndicat doit se doter de tous les moyens à sa disposition pour mobiliser les étudiants, car il n’y a que comme ça que le rapport de force pourra s’inverser en notre faveur, pour de meilleures conditions d’étude et la garantie d’un diplôme de qualité, il faudra répondre présent si l’université procède à une augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiants étrangers. Mais loin de garder une posture défensive, l’UNEF devra être à l’initiative de nouveaux dispositifs pour les étudiants : un bureau des stages efficace pour que la recherche de stage ne dépende plus de ses pistons ou de la chance, généraliser les stages à l’intérieur des cursus pour une meilleure professionnalisation, des cours de langue pédagogiques et permettant une réelle progression, impulser la création d’un centre de soins car la précarité sanitaire des étudiants est grandissante et l’université se doit de répondre à cette problématique, se battre pour la diminution des tarifs des cafétérias, garantir l’égalité entre étudiants étrangers et étudiants français. Pour les étudiants de DSP, l’investissement de l’UNEF doit être double au risque de voir les droits étudiants régresser encore. Il faudra garantir la semaine de révision promise par la directrice d’UFR au prix du sacrifice des heures de TD. En matière de vie étudiante, nous devons revendiquer la pause méridienne de 2h afin que chacun ait le temps de déjeuner de manière équilibrer et faire des activités culturels et ludiques proposés par la DVE ou les associations étudiantes. D’autres idées ont été soulevés, notamment la création d’un chèque livre à la rentrée pour acheter des bouquins, l’ouverture du CEREL (laboratoires de langue) gratuit pour tous les étudiants.

3. Quelles nouvelles marges de manœuvre doit trouver l’AGE pour toujours plus informer et politiser la communauté universitaire.

Il est évident que l’activité du syndicat et son efficacité dépendent de ses militants. Il est donc de la responsabilité de chacun de recruter et faire adhérer un maximum d’étudiants, car l’adhésion reste le meilleur moyen de se tenir informé via la mailing list, les réunions hebdomadaires et les événements régionaux ou nationaux organisés par le syndicat. Grâce à ces éléments, l’UNEF peut informer et sensibiliser au mieux les étudiants. Pour autant d’autres outils de diffusion sont nécessaires et l’AGE créera à la rentrée une commission responsable de l’organisation de conférences ou de semaines thématiques, sur des grands sujets de société ou sur la politique universitaire. Il est important qu’un maximum de jeunes puissent se saisir au maximum des outils démocratiques et des enjeux politiques. Au moins 2 à 4 événements de ce genre par semestre sont à envisager. Les militants se pencheront également sur la création d’un journal mensuel local (projet qui a déjà été réalisé il y a plusieurs années) afin d’explorer un autre moyen d’informer sur les campagnes du syndicat.

L’information c’est aussi connaître au mieux ses droits, c’est pourquoi l’UNEF élaborera un livret « dispositifs jeunesse » pour les Yvelines qui recensera l’ensemble des dispositifs des collectivités locales pour les jeunes. Ce livret pourra notamment être distribué dans les lycées avec l’aide des syndicats lycéens (UNL). Nous devons continuer l’organisation des réunions de pré-rentrées mais également améliorer les livrets d’accueil et mener les campagnes SOS examens pour rappeler l’ensemble des droits des étudiants.

Il est également important que chaque militant soit formé à la défense individuelle afin de régler les problèmes d’inscriptions, de bourses, de logements, de litiges avec l’administration et de titre de séjours et réouvrir un cahier d’AGE pour recenser l’ensemble des cas de défenses individuelles.

4. Comment se réinvestir dans la construction de la vie étudiante.

L’UNEF a pour mission de développer la vie étudiante, via ses services et son activité. Jusqu’ici, ce domaine était négligé par l’AGE, mais il est impératif d’y remédier. Pour ce faire, la coopérative doit être développée. Un référent au coopératisme sera nommé à la rentrée et sera chargé de gérer ce service en collaboration avec le trésorier. Le bureau national nous a proposé de nous fournir des exemplaires de différents quotidiens nationaux, ce qui pourrait aboutir à la création d’un espace détente dans le local du hall Vauban. Cet espace permettrait un contact encore plus facile avec les étudiants et serait un outil de syndicalisation supplémentaire. Afin de participer au développement d’un modèle de vie étudiante plus respectueux des individus, l’UNEF se doit de tisser des liens avec les associations étudiantes non-corporatistes qui agissent sur l’université et promouvoir le travail de la DVE qui propose déjà des services de qualité en matière de tarifs avantageux pour la culture, en matière d’aide aux étudiants étrangers et de logements. Nous devons également remédier au problème de la photocopieuse. Elle est en panne depuis assez longtemps, or dans le cadre de restriction budgétaire (le nombre de copie étant limité par étudiant), et quand la DVE est fermée aux horaires de midi, les étudiants s’adressent à nous pour les photocopies (qui sont gratuites).

Nous devons également nous investir avec la LMDE pour mener des actions de préventions auprès des étudiants, et pourquoi pas tenir des stands d’Alcotest et préservatifs à la sortie de soirées universitaires.